Journal d’un bourgeois de Paris

Jour du seigneur, ce 24 juing de l’an II mille VII

Les avant derniers jours du pays furent apportées des nouvelles de la Maldonne Royal en mission chez les vrays françoys de sa province qui est la patrie du chabichou et des pantoufles authentiques.

En vray, elle estoit en fuite, comme Goddam sur toile cirée, pour ne point vouloir ouïr communication et remonstration du Péhaisse qui, après les élections et la défaite, s’estoit réuni en congrès en la ville de Paris où il fut connu que le parti estoit en grand danger, à sçavoir éclater en l’air comme crapaud enfumé.

En ce temps, la Maldonne courroit d’antiques peintures pictes et donnoit sa bénédiction aux mal comprenants participatifs friands de ses caresses comme ses Marmousets le sont des bananes.
Et tous ceux qu’elle baisoit, marris de l’infortunité de leur royne, la virent en beaulté, riant de bonnes dents longues et blanches, tantôt comme une veuve au bal venue pour de nouvelles épousailles, tantôt comme un loup dans la biquetterie venu faire chère de chêvres au lait cru.

De villaiges en champs, elle fut moult plain, car quoiqu’elle ne fut point estimée de tous, elle l’estoit encore de beaucoup de partisans qui se faisoient appelés les Bons-Bons, car la rose c’est périçable. Et ce beaucoup de Bons-Bons, craignoit fort qu’en Paris, leur royne fut condempnée par ses compaignons de parti et, après avoir fait amende honorable en tailleur de bure, et ses discours traîtres et phrases creuses en sa présence bruslés, à estre menée et en enclose à perpétuité au pain sec et à l’eau de boudin en une certaine abbaye, ou donnée à la Droite qui occupoit le pays de France, et ce au grand débarras de la Gauche qui partoit à vau l’eau.

Dieu luy face pardon et mercy.

*

Jour du seigneur, ce vendredy XX° jour d’avril de l’an II mille VII

A celles et ceux qui cette présente verront, salut et bénédiction.

Le vendredy XX° jour d’avril de l’an II mille VII, Nicolas qui n’estoit pas encore le Un, alla parader en Camargue le pays du Taureau ailé. Il chevauchoit un bourrin blanc qu’il nommoit Mes Principes à cause qu’il s’asseyoit dessus.
A la suite du centaure, venoient quarante journaleux,  autant que de voleurs, que l’on avoient encagés sur un carrosse sans toit tiré par un tractor.
Nicolas, qui n’estoit pas encore le Un, voyant la procession au soleil  tapant de la couleur de l’écrevisse après qu’il a été mort et sauté sur feu vif, les moquait tous disant qu’il les trouvoit pâlichons, que l’air leur feroit du bien et aussi que si Mes Principes , sondict cheval, bavait c’estoit à cause d’une journaleuse qui estoit agenouillée à ses pieds.
A brief parler,  ne faut esbahir  que souventefois des gens que l’on diroit hardys et courageux  le voyant apparaistre se mettoient à terre, car icelle est plus près des bottes à lécher et d’autres choses encore.

Après le sacre de Nicolas le Un, je choisis la gravure cy-dessous qui sembloit résumer l’avenir, à sçavoir  un vacher menant des bestes vers l’abattoir.

sarko en camargue

Jour du seigneur, ce 8 may de l’an II mille IX

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A celles et ceux qui cette présente verront, salut et résistance.

Le jour dict, Nicolas le Un s’en alla à Sainte-Maxime. Mais comme il faisoit froyd, il ne prit qu’un bain de foule. Il s’estoit fait accompager du Dauphin, de  Balkany qui habitoit les  Ecuries d’Augias et de Fromentin qui avoit hérité de la bonne ville de Neuilly-sur-Seine où une messe pour la paix fut donnée ce jour en l’église de saint Jean-Baptiste à 10 heures.

Nicolas le Un avoit choisi ce lieu en bord de mer – qui sonnoit bien à ses oreilles – car il désiroit que les discours de son règne fussent appris  par les enfants des escoles telles les maximes des moralistes, par petits bouts.

Il avoit cherché  un Saint Fouquet mais n’en avoit poinct trouvé. Et c’estoit fort dommage car il aimoit fort une rostisserie du nom de Fouquet’s, sise à Paris, où il avoit festé son sacre et qu’il avoit connaissance d’une gargotte  nommée Maxim’s et qu’il trouvoit cela drosle.

Il avoit aussi choisi Sainte-Maxime à cause que maxime chez les Latins vouloit dire: « le plus grand, le plus illustre  » et qu’il se disoit que ça ne pouvoit poinct lui faire de mal.

Or en ces temps de Cryse, beaucoup de  ses proches  Bons-Bons commençoient à douter de lui et l’appeloient entre-eux non point Maxime mais Minime-Homme, disant qu’il esclateroit bientost comme la grenouille du fabuliste Esope ou comme un pet d’ours au sortir d’hyver.

Dieu luy face pardon et mercy.

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