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Honoris causa

 » Alors,  pourquoi que tu veux l’être, ministre de l’enseignement ?

— Pour faire chier les enseignants, répondit Luc-Marie Auréal de Castel Honoris. Ceux qui seront au turbin dans dix ans, dans vingt ans, dans cinquante ans, dans cent ans, dans mille ans, toujours des enseignants à nemmerder.

— Eh bien ! dit Léon Blum.

— Je serai vache comme tout avec eux : 13 500 postes en moins ! Je les obligerai à faire des statistiques. Je leur ferai lécher les pieds des inspecteurs. Je leur ferai manger l’éponge du tableau noir dans la main du recteur.  Je leur  collerai des blâmes. Je les démettrai de leur fonction. Je leur enfoncerai des compas dans le fion. Des rapporteurs aussi. Je leur botterai le cul. Parce que je porterai des bottes de mousquetaire de la distribution. Des bottes essentielles pour la rentrée. Hautes comme ça (geste). Avec des grands éperons pour leur larder la chair du derche.

— Tu sais, dit Léon Blum avec calme, d’après ce que disent les journaux, c’est pas du tout dans ce sens-là que s’oriente l’éducation moderne. C’est même tout le contraire. On va vers la douceur, la compréhension, la gentillesse. N’est-ce pas, Jules Ferry, qu’on dit ça dans le journal ? »

97366148Honoris causa
titre donné pour « l’honneur ».
Se dit des diplômes conférés sans examen.  Sans compétences ?

> Zazie dans le métro – Raymond Queneau

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La claque

De fausses-vraies-mères-clientes-de-famille se sont postées dans les rayons d’un Intermarché pour réciter leur compliment au ministre de l’Éducation  et leur leçon apprise sur  » les essentiels de la rentrée » (2009), une opération de com’ mise en place par  Darcos,  prédécesseur de Luc Chatel, avec le soutien béat de la PEEP,  association de parents très  critique comme on l’imagine.

 » Connaissez-vous « les essentiels de la rentrée » ?  » demande poliment le ministre  et porte-parole du gouvernement à une vraie-fausse-cliente-mère qui lui barre le passage. Oh oui ! qu’ elle les connaît les essentiels ! Elle connaît que ça ! et les prix ? elle les regarde les prix avant d’acheter, c’est sûr !  Et si on la poussait un petit peu,  elle  déclamerait  le poème de la Cirulaire n° 2009-033 du 23-2-2009 tellement qu’elle si connait en essentiels :

« Chaque élève doit disposer, pour suivre les enseignements, de fournitures individuelles acquises à la demande de ses professeurs. Afin de répondre à la préoccupation constante des familles, notamment les moins favorisées d’entre elles, concernant la maîtrise de leur pouvoir d’achat, ainsi que pour réduire le poids du cartable, il est impératif de limiter autant que possible le nombre de fournitures demandées. Sans nuire à la qualité de l’enseignement, l’effort de simplification ainsi attendu doit contribuer à favoriser l’égalité des chances et alléger les charges qui pèsent sur les familles. »

C’est beau. Et elle va se les alléger ses charges pour la rentrée, la vraie-fausse ! Et ça doit valoir sacrément le coup une visite chez les Mousquetaires de Villeneuve-le-Roi qui soutiennent le ministre, parce que  la fausse-vraie, elle est comptable !  alors calculer, elle sait faire ! Et  comme  elle habite à plus de 70 km de Villeneuve-le-Roi  (2 heures de route aller-retour sans les embouteillages !), à Vulaines-sur-Seine (10 kilomètres de Fontainebleau !) où, entre ses courses au long cours ( la promenade, c’est ses loisirs ! ), elle est conseillère du maire de droite, mariée et mère de deux vrais enfants ! Alors oui, ça doit valoir le coup de faire ses p’tites courses à l’inter du coin, au loin,  dont elle est — en plus ! —  une des collaboratrices.

On aura aussi appris que  « Les essentiels de la rentrée », ce ne sont pas les enseignants, ce ne sont pas les enfants, ce sont les fournitures scolaires de la grande distribution et la propagande ministérielle et Umpiste.  Il était donc logique que Chatel fasse sa pré-rentrée médiatique au cul aseptisé des gondoles  et s’offre les frissons exotiques d’une descente en banlieue Sud-est, dans un commerce de l’académie de Créteil.

Une mauvaise claque et  une bonne gifle.

*

> Supercherie au supermarchéLibération

 

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