Portrait torché

guillemetQuant à Hollande , lui aussi vous stupéfie, au premier abord. On se trouve en face d’un brouillis absolu de bleu, de blanc et de rose frottés avec un chiffon, tantôt tournant en rond, tantôt filant en droite ligne ou bifurquant en de longs zigzags. Des virgules de couleur blanchâtre braient, des pâtés de tons pâles bêlent, tout ce tohu-bohu, pêle-mêle, mastiqué au couteau, bouchonné, torché à coups de langues.

Cela, vu de très près donne le mal de mer, et, à distance, tout s’équilibre. Devant les yeux dissuadés, surgit un merveilleux pays de Cocagne, une société féerique irradiée sous un soleil dont les rayons s’irisent. Où, dans quel pays, dans quel Eldorado, dans quel Éden, flambent ces folies de clarté, ces torrents de jour réfractés par des nuages laiteux, tachés de rouge feu et sillés de pourpre et de  violet, tels que des fonds précieux d’opale ? En France.

Un pâle firmament fuit à perte de vue, se noie dans un horizon de nacre, se réverbère et marche dans une eau qui chatoie, comme savonneuse, avec la couleur du  boudin coloré des bulles. Dans ce margouillis une figure apparaît, grassouillette et chauve, les paupières lourdes portant  lunettes. Une face en poire tapée comme vue dans un verre de bouteille. C’est le président.

Incertains, Huysmans.

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