Virelai anonyme

J’étais mannequin demoiselle,
Lâchant mes vents dedans la soie,
Point ne me mouchant  dans les doigts.
Que j’étais belle, belle, belle !

Je connus que le chant  est tel,
Qu’il nous  impose d’avoir voix,
Or ça, je ne le  pouvais pas.
Que j’étais frêle, frêle, frêle!

Puis je sus que l’amour est bel
Qu’il ne connait aucune loi :
Je convolais avec le roi.
Dieu que je bêle, bêle, bêle !

virelai

d’après Judith Leyster, Jeune fille au luth (1631)