Ancien régime breton

983288094_002Les tartinoux, les crapignolettes et les délichiousses de caviar et de truffes entrent pour une large part dans la nourriture de nos hautes sphères bretonnes.Outre ces grignotis, il en est de particuliers qui sont sous une autre forme. Ce sont d’abord les glaouignasses, sorte de boules  molles qui constituent la partie solide d’une lourde soupe et figurent de joyeuses cervelles siamoises, et puis la bousignôle, grossière farce, qu’on enferme dans un sac et que l’on cuit avec la viande d’un petit porteur dans une vaste marmite pour lui donner ce goût qui excite bien des appétits – cette préparation est également  un excellent emplâtre sur les jambes de bois qu’elle fait briller  bien mieux que la surfaite popotte des antiquaires du Lubéron.La manière dont se nourrit notre noblesse,  et particulièrement le grand nombre de mets composés de caviar et de truffes dont il surcharge ses bourrelets et infarctus sportifs, à souvent fait demander si pareil gavage n’influait pas sur son caractère, et si cette aristocratie hilare qui rend un son qui lui  est propre, et qui  n’est l’écho d’aucun autre, ne devait en partie ce tempérament exceptionnel – tout comme sa capacité à choir de haut sans bris –  à son régime alimentaire que l’envieux Grec lui envie.

983288094On ne saurait le nier : cet ancien régime agit sur le moral des choses, et s’il est des aliments qui poussent,  par exemple, à la volupté comme les beignets de chômeurs, les tripes de sans-logis, les rillauds de chômeurs ou  le caque-quarante farci, de même il y en a de tout à fait favorables à l’austérité comme la Bernie en pièces, la Boutin de Noël et le Bé-seize à la vaticane.

Cependant il ne faudrait point vouloir expliquer notre aristocratie dans toute sa complexité par une influence qui, loin d’être exclusive, n’est, croyons-nous, qu’accessoire. Pas plus que le Breton de base, pusillanime et téméraire, ne s’explique par l’abus de blé noir en crampousses, qui sont les tortillas armoricaines, ou autres poulpouts.

 

Treize Izel. Anonyme

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Colombe à la Sarkozy

On sait que le pouvoir d’achat baisse tellement  que bien des  Français  se demandent ce qu’il vont pouvoir mettre dans la marmite, et même s’ils auront de quoi payer le gaz pour la faire bouillir cette marmite, et même s’ils ne l’ont pas déjà envoyée au Mont de Piété, la fameuse marmite. Et d’ailleurs ils sont déjà à la rue, alors leur marmite !C’est pour faire face à ces petits tracas pécuniaires qu’ il est temps de revenir à quelques fondamentaux de la démerde et plus particulièrement à ces recettes qui ne sont pas pour rien dans la réputation du génie culinaire français à l’étranger.

Henri IV en son temps avait lancé paraît-il la Réforme de la poule au pot, nous fûmes épaté par notre autre vers galant quand il s’installa au piano.
La « colombe à la Sarkozy », symbole de paix flambant,  est un plat ludique qui se lave en famille et se mange aussi bien froid que chaud, mais c’est meilleur froid. A défaut d’être au menu des locataires de l’Elysée,  la « colombe à la Sarkozy » est à son programme.
Le stade de l’épluchage ne pose aucun problème: même si vous êtes à la rue ( voir plus haut), il y aura toujours un passant pour vous tendre un briquet charitable, ou alors c’est à désespérer des effets salutaires du catéchisme  !
Si on ne possède pas de colombe, volatile un peu onéreux et rare, un pigeon de gouttière de nos villes et banlieues fera l’affaire.
Rappelons que ces viandes, lorsqu’elles sont  mangées crues, gardent toutes leurs vitamines, même si  elles sont moins riches en vitamine « C » que le steak tartare de rat. Nul n’est parfait.
Colombe à la Sarkozy
En cas de panne de colombe ou de pigeons, on évitera le cygne  qui, chose décorative, ne se mange pas.